Permanence

Temps de lecture

6 minutes

Par Karl Schroeder

Je ne savais même pas que ce livre trainait dans ma bibliothèque… J’avais le souvenir d’avoir lu un autre roman du même auteur, que j’avais plus ou moins aimé, sans qu’il m’en reste beaucoup de souvenirs au moment d’entamer celui-là. Karl Schroeder est présenté par l’éditeur, en 2008, comme “une étoile montante de la science-fiction mondiale”, et “Permanence” comme un texte à mi-chemin entre space-opéra et Hard-SF. Mais qu’est-ce qui m’a pris !? Pourquoi ai-je voulu lire ce livre, alors qu’en cherchant quelques détails sur l’auteur, j’ai vite compris que sa carrière en langue française s’était en fait arrêtée avec “Permanence”. Alors je ne suis pas un grand critique, et je ne dirais donc pas que ce livre ne vaut rien(*), mais je vais quand même vous embêter à vous expliquer pourquoi “Permanence” a quand même quelques bonnes idées, mais aussi pourquoi je le trouve plus que dispensable !

(*) Il ne vaut rien ! Là !

Résumé ultra rapide

Une jeune écervelée, vivant dans une région attardée de l’espace (le Halo) occupé par les humains, fugue de sa station spatiale vers le monde le plus proche. Par hasard, en chemin, elle croise un vaisseau spatial extra-terrestre et, par le biais d’un système juridique pour le moins déroutant, s’en retrouve plus ou moins propriétaire, à la condition de trouver le moyen d’y accoster.

Réunissant aussi rapidement qu’incongrument une équipe de personnages tous plus falots les uns que les autres, elle se lance dans une aventure qui pourrait lui permettre d’en apprendre plus sur les extra-terrestres ayant fabriqué ce vaisseau. À la clef : révélations quasi-mystiques, richesse et considération ainsi que, sans doute, des découvertes technologiques époustouflantes.

Malheureusement, en cours de route s’invitent des militaires et des scientifiques venant de la région développée de l’espace humain, qui semblent avoir leurs propres motivations à mettre la main sur ledit vaisseau (motivations que le lecteur mettra les deux-tiers du livre à cerner). Tout ce joyeux monde, l’équipage, les militaires et les scientifiques, se retrouve embringué dans des pérégrinations entre différentes planètes assez exotiques, avec, bien sûr, des trahisons et des retournements de situation.

En sus : un peu de romance et des questionnements métaphysique, puisque l’héroïne réussit à s’enticher du scientifique le plus ennuyeux de l’équipe, mais curieusement adepte d’un culte philosophico-religieux, le “néo-shintoïsme”(*).

(*) Non, moi non plus ça ne me convainc pas… l’auteur a voulu caser de la philosophie dans son roman, et il a trouvé ça…

Du bon ? … quelques idées, ma foi…

Au début le vernis scientifique(*) m’a presque convaincu : postuler qu’avant de coloniser les mondes lointains orbitant autours d’étoiles massives et brillantes, l’humanité en passe par une première phase d’expansion visant des étoiles de type “naines brunes”, plus proches et donc plus faciles atteindre, voilà qui était pas mal trouvé (et juste selon les théories de l’époque). Et cette idée permet aussi à l’auteur de planter un décor dans lequel on se retrouve avec deux franges de la civilisation humaine, l’ancienne “les mondes du Halo, et la plus récente, capable depuis quelques siècles de se déplacer très rapidement (supra-luminiquement) entre les grosses et lointaines étoiles (pareilles à la nôtre, quoi).

(*) Il y a une petite introduction sur l’astronomie, intéressante, qui m’a fait croire à un world-building solide. Mais, pfff… !

Autre concept scientifique un peu intéressant mis en avant par l’auteur : la place occupée par les extra-terrestres dans ce futur. Réglant d’un coup le paradoxe de Fermi(*) et la disparition des dinosaures, Schroeder propose en effet une explication simple et radicale : il y a environ soixante-cinq millions d’années une civilisation extra-terrestre s’est mis en tête d’éradiquer toute autre vie pensante de la galaxie. Un plan presque parfait, la galaxie semblant de fait bien vide depuis, mais qui a raté tout de même deux cibles : des aliens ressemblant à des plantes, et nous les humains, puisque nous n’étions pas encore là !

(*) Paradoxe qui pose la question “Mais où sont donc les aliens, hein, dans cet univers infini, boudiou !?”

Et tout ce qui ne va pas !

Le vernis scientifique s’écaille vite, et le texte tire rapidement vers le space-opéra façon manga(*). À savoir que n’importe quel concept science-fictif fait précisément son apparition quand l’intrigue en a besoin, conduisant le lecteur à avaler une bouillie de concepts science-fictionnels, plus ou moins compris par l’auteur. Pareil pour les personnages secondaires entrant et sortant de l’histoire, sans qu’on sache pourquoi, et sans espoir de s’y attacher. Ils semblent être là juste pour permettre à l’héroïne de comprendre la nature de sa prochaine étape dans sa quête.

(*) Une idée suggérée par ma femme, grande lectrice de Shonen. En gros, c’est comme de l’heroic-fantasy, mais dans l’espace. Et au diable la logique, l’important c’est la progression du héros !

Et puisque le résumé du dos parle d’une intrigue avec “des planètes exotiques décrites avec minutie”, qu’on me permette de dire que non ! pas du tout ! C’est bien simple, aucun décor de ces planètes ne m’est resté en tête ! Pire : les descriptions de l’auteur sont si “minutieuses” que même ses personnages sont incapables de distinguer si un vaisseau est d’origine extra-terrestre ou humaine avant de le toucher ! Tout est pareil : mondes ou vaisseaux ne sont que des décors de carton-pâte ; nommés et étiquetés mais en fait jamais décrits de manière convaincante.

À la fin, on se retrouve juste avec une quête façon “l’objet magique à rapporter au royaume”, et quelques considérations sur le destin, en général, de la vie dans l’univers. Pfff !

Au final…

Impossible d’apposer l’étiquette “abordable” à ce livre, tellement je l’ai trouvé ennuyeux et verbeux ! En la matière, j’estime qu’il y a bien mieux à lire, et je ne vais donc pas vous encourager à vous envoyer 600 pages d’un auteur obscur. Certains lecteurs et critiques l’ont aimé, plus ou moins, mais pour ma part, si ce livre est vraiment “génial”, alors je suis totalement passé à côté !


Fiche JKB

  • Genre : Space-opéra pontifiant et pseudo-mystique pour jeunes lecteurs.
  • Wow Level : 3/10. Rien d’ébouriffant.
  • Note personnelle : 4/10. Boursouflé, ambitieux et trop long. Rate les objectifs annoncés.
  • Pas loin de 600 pages. Qui m’ont pris quatre semaines ! Quatre semaines ! C’était les fêtes, j’étais malade, mais… quatre semaines ! L’ennui que c’était !
  • Probabilité de relecture : 0%

Titre original :

Permanence

2002

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