L’étoile de Pandore 3 – Judas déchaîné

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8 minutes

Le troisième tome d’une série par Peter F. Hamilton

Cette fiche est ma troisième chronique sur la série Étoile de Pandore. La lire sans au moins avoir lu les livres ou les fiches précédentes n’a pas grand intérêt… À vous de voir…

Troisième tome de ce space-opéra fleuve aux quarante personnages principaux et autant de trames narratives ! Il y est bien évidemment question de la guerre entre les humains et les Primiens, et des préparatifs de la riposte du Commonwealth. Il y est toujours question de l’enquête de Paula Myo, la détective ultime(*), pourtant mise en échec depuis plus d’un siècle par ceux qu’elle pourchasse, Les Gardiens de l’individualité. Et on y retrouve encore une foultitude de personnages, et autant de sous-intrigues, tous soigneusement décrits, exposés et mis en situation, parfois jusqu’à l’excès.

Pour faire court : elle a été programmée génétiquement tout autant pour l’analyse que pour l’honnêteté. Et l’obstination.

Reprenant presque la suite de certains événements qui fermaient le tome précédent, Hamilton parvient à nous glisser un petit flashback en guise de “prologue” qui servira de moteur à une grande partie de l’intrigue de ce tome 3 : qui sont les traitres ayant emmené l’humanité tout entière dans cette guerre ?

Face à cette densité, j’ai abandonné l’idée d’un résumé linéaire. Au lieu de cela, je vais vous pondre un rapide topo sur certains intervenants de la “Grande Enquête” qui est le cœur de ce troisième tome.

Les Gardiens de l’individualité

Emmenés par un gourou prétendant que les élites du Commonwealth sont manipulées par un mystérieux alien, les Gardiens sont, depuis le premier tome, présentés comme des terroristes. Attentats meurtriers et assassinats : tous les moyens leur sont bons pour réveiller les masses, même si ainsi ils passent pour des fous ou des illuminés ! Étant certains d’être dans le bon camp, ils se consolent en se disant que le temps finira par leur donner raison, et qu’un jour tout le monde en sera convaincu : ils se battaient en fait contre L’Arpenteur(*), pour sauver l’humanité. Et arrivé au début de ce troisième tome, vu le titre qu’il porte, le lecteur est en lui aussi de plus en plus persuadé… et il n’est d’ailleurs pas le seul.

(*) Une constante dans cette série : Hamilton a un goût de chiotte pour trouver des noms qui claquent ! Je lis un truc où Les Gardiens de l’individualité se battent contre L’Arpenteur des étoiles”. Tu perds toute crédibilité si tu dis ça à des amis !

Paula Myo

Lancée à la poursuite des Gardiens, et surtout de leur chef depuis des décennies, on voyait, à la fin de “Pandore menacée”, Paula Myo lancer une énorme opération de police, impliquant des dizaines d’agents des forces de l’ordre surentraînés, dans le but d’arrêter l’un de ces Gardiens ! Enfin ! Une opération tournant pourtant au ratage total, le suspect se faisant assassiner sous les yeux mêmes des agents de police tentant de le cerner ! Un comble ! Et un échec qui va conduire finalement Paula à envisager qu’un autre acteur, incognito, intervient dans cette pièce. Un acteur qui semble, lui, prendre au sérieux les délires des Gardiens et qui n’a pas l’air d’apprécier l’idée que Paula puisse avoir l’occasion de discuter avec l’un d’eux. Bref, un état de fait qui va pousser notre enquêtrice à soupçonner tout le monde, et va lancer son enquête sur la piste d’un ennemi de l’intérieur.

L’Intelligence Artificielle

Le monde du Commonwealth, c’est une technologie de dingues : les gens ont un terminal dans le cerveau, discutent entre différentes planètes via un réseau internet passant par les trous de vers, l’Unisphère, se font rajeunir ou se font ressusciter si un accident survient avant leur cure de rajeunissement. C’est donc un monde cyberpunk, avec quelques personnes augmentées au niveau physique : armes intégrées à leurs membres, muscles renforcés, etc… Et d’autres qui se voient aussi améliorées au niveau du cerveau : pour traiter des données et analyser des problèmes il leur devient alors possible de faire appel, par la pensée à des réseaux d’IRs, des “Intelligences Restreintes”. Ces dernières, ressemblant à ce que nous nommons de nos jours des IAs, en bien plus efficaces, ne sont en fait des super-ordinateurs plus ou moins puissants, et sont ainsi largement répandues dans le Commonwealth. Ce qui est loin d’être le cas, en revanche, de L’Intelligence Artificielle, qui, elle, est unique et parfaitement consciente(*) !

(*) Raison qui lui vaut des majuscules quand on parle d’elle !

Et si elle est unique et consciente, c’est parce qu’elle est le fruit d’un amalgame de nombreuses IRs, une planète entière d’IRs en fait, dans lesquelles se sont téléchargées des consciences humaines fatiguées, eh oui, de la vie ici-bas, et qui semblent vivre dans une sorte de paradis informatique !

Mellanie, une pin-up qui passait par là…

Parmi ces consciences humaines constituant l’IA, le grand-père d’une certaine Mellanie Rescorai ! Une pin-up mariée à un criminel que Paula Myo arrêtait pour meurtre dans le premier tome, et que je m’étais empressé d’oublier. Loin d’être aussi écervelée qu’on le croyait, reconvertie dans le journalisme(*), la miss revenait en force au centre de la scène lors du second tome, l’Intelligence Artificielle ayant décidé d’en faire son agent ! Elle était d’ailleurs la surprise de la fin de “Pandore menacée”, puisqu’on la voyait soudain nantie de pouvoirs surhumains, capables même de brouiller les systèmes électroniques des Primiens, un fait lui permettant de sauver la population d’une petite ville ! Sans chichi…

(*) Après un bref passage dans le porno-soft, hein !. Et un autre dans le monde des starlettes des réseaux qui lancent leur propre collection de vêtements ! Une parcours et une forme de célébrité plutôt utiles pour obtenir des interviews exclusives !

Revenue de sa mission, la voilà désormais lancée dans “Judas déchaîné” sur une piste qui l’amènera elle aussi, tout comme les Gardiens et Paula, à douter des conditions ayant initié la guerre contre les Primiens. Un bien surprenant destin, mais qui, si on y pense, est tout à fait dans la ligne générale de ce space-opera, dans lequel chaque personnage semble avoir son rôle à jouer dans l’histoire.

Le principe du fusil de Tchekhov

Un principe qu’on peut résumer par “Si tu mets un élément dans ta pièce de théâtre, il faut qu’il serve avant le dernier acte”, et un principe que semble assumer Hamilton dans cette saga. Si un personnage a été évoqué quelque part, alors il y a de forte chance que son destin finisse par s’entremêler à la grande histoire de cette guerre(*).

(*) Ça me fait aussi penser à une saison de Veronica Mars : plein d’épisodes en apparence sans lien entre eux, et Bim ! les trois derniers s’emboitent soudainement et te révèlent ZE true big affaire de la saison ! Veronica Mars, c’est bien !

On a donc parfois l’impression de passer du temps avec des sous-fifres de l’histoire, mais c’est une manière d’ancrer le lecteur dans une réalité, parfois bien terre-à-terre, tout en lui faisant parcourir un univers, pour le coup vraiment foisonnant. C’est aussi bien sûr ce qui peut lasser un chouia le lecteur avide de révélations et d’actions.

Au final : action et révélations !

Oui ! Quand même ! Parce qu’au final, malgré ses détours, malgré ses longues descriptions et sa liste presqu’infinie de personnages, “Judas déchaîné” c’est aussi un texte haletant comme pas permis ! Et c’est loin d’être avare en scènes d’action qui t’en mettent plein la vue ! Pareil pour l’intrigue, qu’on pourrait craindre de voir stagner ; c’est le contraire ! Hamilton sait parfaitement comment entraîner son lecteur dans sa “Grande Enquête” tout en faisant évoluer sa trame principale. Bref, étant arrivé ici, on peut émettre quelques critiques sur la méthode narrative, mais je suis pour ma part encore assez alléché pour me réjouir de la suite, de l’issue de cette guerre et d’autres révélations. Et pas qu’un peu !


Fiche JKB

  • Genre : Space-opera/Fresque historique/Enquête criminelle/Santa Barbara
  • Wow Level : 7.5/10. Il y a un côté Veronica Mars/Fusil de Tchekhov auquel je reste sensible, et une imagination sans borne dans cette saga !
  • Note personnelle : 7/10. C’est excellent, mais tout de même épuisant à suivre.
  • Hop ! Plus de 700 pages, mais ça va toujours quand même assez vite. Style fluide.
  • Probabilité de relecture : 50%

Titre original :

Judas Unchained

2005

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